Chaque classe dans chaque école

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Résumé de Chaque classe dans chaque école : rapport final d’Égale sur l’homophobie, la biphobie et la transphobie dans les écoles canadiennes

Ce rapport présente les résultats d’une enquête nationale auprès d’élèves du secondaire au Canada afin d’examiner quel genre de vie ont les élèves appartenant à une minorité sexuelle ou de genre1. L’étude a tenté d’établir les types et l’étendue des expériences des élèves en ce qui concerne les incidents homophobes et transphobes à l’école, leur impact et l’efficacité des mesures adoptées par les écoles pour combattre ces formes courantes  d’intimidation. L’enquête a interrogé plus de 3 700 élèves à l’échelle du Canada, entre décembre 2007 et juin 2009, à l’aide de deux méthodes. La première a été élaborée pour joindre le plus grand nombre possible de jeunes appartenant à une minorité sexuelle ou de genre : élèves se reconnaissant lesbiennes, gais, bisexuels, trans, bispirituels, queer ou en questionnement (LGBTQ). À cette fin, nous avons utilisé un sondage en ligne à libre accès, qui a fait l’objet d’une large publicité par des communiqués et des annonces sur le Web et Facebook, et en communiquant avec tous les organismes du pays que nous avons identifiés comme ayant de jeunes membres LGBTQ. La seconde méthode a été déployée dans des conditions contrôlées à l’aide d’un système de connexion à des séances à l’école dans vingt districts scolaires sélectionnés au hasard de toutes les régions du pays (à l’exception du Québec où des chercheurs québécois ont réalisé une enquête parallèle). Quinze districts scolaires ont participé en nombre suffisant pour permettre une analyse statistiquement significative. Les résultats des séances à l’école ont servi à valider celles du sondage à libre accès. Le rapport analyse les données d’ensemble de la participation individuelle en ligne et des séances à l’école. En outre, nous avons présenté des rapports confidentiels à tous les conseils scolaires participants ayant tenu des séances à l’école, qui comparent les résultats à ceux de l’ensemble des séances à l’école.

L’étude a été commandée et financée par le Fonds Égale Canada pour les droits de la personne (FECDP), qui a obtenu une aide supplémentaire du concours de subventions du Conseil de recherches en sciences humaines de l’Université de Winnipeg (SSHRC) et de Sexual and Gender Diversity: Vulnerability and Resilience (SVR) [Diversité sexuelle et de genre : vulnérabilité et résistance], groupe de recherche financé par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et le Fonds de recherche sur la société et la culture (FRQSC) de la province de Québec. L’enquête même se composait d’un questionnaire de cinquante-quatre éléments, disponible en ligne et sous forme écrite, principalement des questions à choix multiple de trois genres : démographie (p. ex., âge, province, identité de genre, orientation sexuelle), expériences (p. ex., entendre le mot « gai » utilisé comme insulte, être agressé, être déprimé à cause de l’école), et les réponses des établissements (p. ex., intervention du personnel, politiques sur les écoles sûres et inclusives).

Les données quantitatives ont été évaluées afin d’en vérifier la signification statistique au moyen d’analyses bivariées pour comparer les réponses de divers groupes d’élèves, p. ex., élèves LGBTQ et non LGBTQ, minorité sexuelle (lesbienne, gai, bisexuel, queer, en questionnement) et minorité de genre (transgenre, transsexuel, bispirituel), groupes actuels et passés. Des tableaux croisés avec estimations du khi carré (X2), des échantillons de tests t indépendants et des analyses de variance (ANOVA) ont été réalisés, selon la classification ou le « niveau de mesure » des variables ou des questions (p. ex., selon qu’elles étaient dichotomiques, ordonnées ou continues). L’ampleur des effets a été calculée pour tous les khis carrés (V de Cramer), les tests t (d de Cohen) et les tests d’ANOVA significatifs  (d de Cohen). Il y aura une analyse qualitative ultérieure des réponses aux questions ouvertes où les élèves ont répondu à des questions sur leurs perceptions et leurs expériences.

L’absence de données probantes au Canada représente un obstacle majeur pour les enseignants et les administrateurs désireux de comprendre ce que vivent les élèves LGBTQ, de répondre de façon adéquate et d’indiquer à leurs communautés scolaires que l’intimidation homophobe et transphobe n’est ni rare ni inoffensive, et qu’elle constitue un grave problème auquel les écoles doivent s’attaquer.

Nous désirons exprimer notre plus profond respect aux milliers d’élèves, LGBTQ et hétérosexuels, qui ont participé à cet important projet. Nous vous remercions et espérons que vous reconnaîtrez vos contributions et vos voix dans le présent rapport. Même si l’information que contient le rapport ne surprendra pas les membres de la communauté LGBTQ, l’étude fournit une base de connaissances méthodique qui fournira aux éducateurs et aux administrateurs partout au pays l’information nécessaire à l’élaboration de politiques et de programmes fondés sur des données probantes.

1 Aux fins du rapport, « minorité sexuelle » désigne les jeunes qui ne se reconnaissent pas exclusivement hétérosexuels, et « minorité de genre », à ceux qui ne se reconnaissent ni « femme », ni « homme ».

 

Principales constatations: Climat scolaire au Canada à l’heure actuelle

Commentaires homophobes et transphobes

• 70 % de tous les participants, élèves LGBTQ et non LGBTQ, déclarent entendre des expressions comme « that’s so gay » au quotidien et presque la moitié (48 %), des remarques comme « fif » et « gouine » à l’école.

• Presque 10 % des élèves LGBTQ déclarent entendre des commentaires homophobes de la part d’enseignants, sur une base quotidienne ou hebdomadaire (17 % des élèves trans, 10 % des élèves de sexe féminin membres d’une minorité sexuelle et 8 % des élèves de sexe masculin membres d’une minorité sexuelle). Encore plus d’élèves LGBTQ déclarent avoir entendu des enseignants faire des commentaires transphobes ou négatifs liés au genre, sur une base quotidienne ou hebdomadaire, doit 23 % des élèves trans, 15% des élèves de sexe masculin membres d’une minorité sexuelle et 12 % des élèves de sexe féminin membres d’une minorité sexuelle.

• Presque aucun élève LGBTQ déclare ne jamais avoir entendu de commentaires homophobes de la part d’autres élèves (1 % des élèves trans; 2 % des élèves de sexe féminin membres d’une minorité sexuelle et 4 % des élèves de sexe masculin membres d’une minorité sexuelle). Cela suggère que les élèves membres d’une minorité sexuelle au Canada entendront fort probablement des insultes au sujet de leur orientation sexuelle.

 

Harcèlement verbal

• 74 % des élèves trans, 55 % des élèves membres d’une minorité sexuelle et 26 % des élèves non LGBTQ déclarent subir du harcèlement verbal en raison de leur expression de genre.

• 37 % des élèves trans, 32 % des élèves de sexe féminin membres d’une minorité sexuelle et 20 % des élèves de sexe masculin membres d’une minorité sexuelle déclarent subir du harcèlement verbal, sur une base quotidienne ou hebdomadaire, en raison de leur orientation sexuelle.

• 68 % des élèves trans, 55 % of des élèves de sexe féminin membres d’une minorité sexuelle et 42 % des élèves de sexe masculin membres d’une minorité sexuelle déclarent subir du harcèlement verbal en raison de leur orientation sexuelle ou genre perçu. Il se pourrait que les jeunes trans déclarent subir des niveaux de harcèlement particulièrement élevés au motif de leur orientation sexuelle perçue parce qu’ils sont souvent perçus comme lesbiennes, gais ou bisexuels, alors qu’ils ne le sont pas.

• Plus du tiers (37 %) des jeunes ayant des parents LGBTQ déclarent subir du harcèlement verbal  en raison de l’orientation sexuelle de leurs parents. Il se pourrait qu’ils soient plus susceptibles de subir du harcèlement verbal en raison de leur propre expression du genre (58 % contre 34 % des autres élèves), de leur orientation sexuelle ou identité de genre perçue (46 % contre 20%), de leur genre (45 % contre 22 %) ou de leur orientation sexuelle (44 % contre 20 %).

 

 

Harcèlement physique

• Plus d’un élève sur cinq (21 %) LGBTQ déclare subir du harcèlement ou de la violence physique en raison de leur orientation sexuelle.

• 20 % des élèves LGBTQ et presque 10 % des élèves non LGBTQ déclarent subir du harcèlement ou de violence physique en raison de leur orientation sexuelle ou identité de genre perçue.

• 37 % des élèves trans, 21 % des élèves membres d’une minorité sexuelle et 10 % des élèves non LGBTQ déclarent subir du harcèlement ou de la violence physique en raison de leur expression de genre.

• Plus du quart (27 %) des jeunes ayant des parents LGBTQ déclarent subir de la violence physique en raison de l’orientation sexuelle de leurs parents. Ils sont plus susceptibles que leurs pairs de subir du harcèlement ou de la violence physique en raison de leur propre expression du genre (30 % contre 13 % des autres élèves), de leur orientation sexuelle ou identité de genre perçue (27 % contre 12 %), de leur genre (25 % contre 10 %) ou de leur orientation sexuelle (25 % contre 11 %).

 

Harcèlement sexuel

Les niveaux de harcèlement sont élevés pour tous les élèves LGBTQ. Les groupes d’élèves suivants déclarent avoir subi du harcèlement sexuel à l’école dans la dernière année :

• 49 % des élèves trans;

• 45 % des élèves ayant des parents LGBTQ;

• 43 % des élèves bisexuelles;

• 42 % des élèves bisexuels;

• 40 % des élèves gais;

• 33 % des élèves lesbiennes.

Il se pourrait que les niveaux supérieurs de harcèlement sexuel subis par les homosexuels par rapport aux lesbiennes soient attribuables à une plus grande exposition à l’humiliation sexuelle comme forme distincte d’attention sexuelle non désirée. Il se peut que les élèves lesbiennes soient moins susceptibles que les élèves homosexuels ou trans de considérer les expériences de harcèlement comme sexuelles. Une analyse plus approfondie examinera les expériences incluses dans cette constatation.

 

Espaces peu sécuritaires

• Presque les deux tiers (64 %) des élèves LGBTQ et 61 % des élèves ayant des parents LGBTQ déclarent ne pas se sentir en sécurité à l’école.

• Les deux endroits où les élèves LGBTQ et ceux qui ont des parents LGBTQ se sentent le moins en sécurité sont presque toujours ceux qui sont séparés en fonction du sexe. Presque la moitié (49 %) des élèves LGBTQ et plus des deux cinquièmes (42 %) des jeunes ayant des parents LGBTQ considèrent les vestiaires comme peu sécuritaires; près du tiers (30 %) des jeunes non LGBTQ abondent dans le même sens. Plus des deux cinquièmes (43 %) des élèves LGBTQ et plus des deux cinquièmes (41 %) des jeunes ayant des parents LGBTQ considèrent que les toilettes sont peu sécuritaires; plus du quart (28 %) des élèves non LGBTQ abondent dans le même sens.

• Les élèves de sexe féminin membres d’une minorité sexuelle sont plus susceptibles d’indiquer ne pas se sentir en sécurité dans les vestiaires de l’école (59 %). Un nombre élevé (52 %) d’élèves trans déclarent ne pas se sentir en sécurité dans les vestiaires et les toilettes. Il faut souligner que les endroits où les élèves de sexe féminin membres d’une minorité sexuelle et les élèves trans ne se sentent souvent pas en sécurité sont des lieux séparés en fonction du sexe. Cela contredit les présomptions selon lesquelles les incidents homophobes et transphobes ont lieu dans des endroits réservés aux hommes, et indique un lien entre le « maintien de l’ordre entre les sexes » et le sentiment de ne pas se sentir en sécurité.

 

Politiques RELATIVES AUX écoles sûres

Les politiques générales concernant les écoles sûres qui n’incluent pas de mesures particulières en matière d’homophobie sont inutiles pour améliorer le climat scolaire pour les élèves LGBTQ. Les élèves LGBTQ qui fréquentent des écoles dotées de politiques anti-homophobie déclarent un nombre nettement moindre d’incidences de harcèlement verbal et physique en raison de leur orientation sexuelle :

80 % des élèves LGBTQ qui fréquentent des écoles dotées de politiques anti-homophobie déclarent n’avoir jamais subi de harcèlement physique contre seulement 67 % des élèves LGBTQ qui fréquentent des écoles n’en possédant pas;

46 % des élèves LGBTQ qui fréquentent des écoles dotées de politiques anti-homophobie déclarent n’avoir jamais subi de harcèlement physique contre seulement 40 % des élèves LGBTQ qui fréquentent des écoles n’en possédant pas.

Les élèves LGBTQ qui fréquentent des écoles dotées de politiques anti-homophobie ne déclarent pas de niveaux particulièrement supérieurs de sentiment d’insécurité à l’école au regard de leur identité ou expression de genre : cela souligne le besoin d’inclure explicitement l’identité et l’expression de genre et l’anti-transphobie dans les politiques d’équité et d’éducation inclusive des écoles et des commissions scolaires.

 

Alliances gaies-hétéros (AGH) et autres groupes étudiants inclusifs

Les AGH sont des clubs étudiants officiels dont les membres sont LGBTQ et hétérosexuels et où un ou deux enseignants servent de conseillers pédagogiques. Les élèves qui fréquentent une école ayant une AGH savent qu’ils peuvent compter sur au moins un ou deux adultes avec qui aborder les réalités LGBTQ. Le but de l’AGH est de fournir un espace sécuritaire très nécessaire où les élèves LGBTQ et les alliés peuvent collaborer pour faire de leur école un lieu ouvert aux élèves membres d’une minorité sexuelle ou de genre. Certaines AGH s’appellent autrement – club arc-en-ciel, club des droits de la personne ou club de justice sociale – pour indiquer leur ouverture aux personnes non LGBTQ (bien que certains ne soient pas des AGH et ne s’intéressent pas nécessairement à l’homophobie, à la biphobie et à la transphobie), et parfois parce que « alliance gaie-hétéro » pose un problème car « gai » n’inclut pas nécessairement ou explicitement les personnes lesbiennes, bisexuelles ou trans.

Malgré cela, l’acronyme AGH  pour désigner un groupe étudiant interpelé par les réalités LGBTQ est devenu monnaie courante. Ce sont souvent  des élèves LGBTQ qui prennent l’initiative, bien que des enseignants manifestent parfois leur intérêt. Ces groupes sont aussi des lieux sûrs solidaires pour les élèves de parents LGBTQ. À l’heure actuelle, une centaine de groupes étudiants ouverts aux LGBTQ au pays sont inscrits sur MonAGH.ca, site des écoles sûres et de l’éducation inclusive d’Égale Canada.

• Les élèves qui fréquentent une école dotée d’une AGH sont nettement plus susceptibles de convenir que leur communauté scolaire appuie les personnes LGBTQ, d’être ouverts avec une partie ou l’ensemble de leurs pairs au sujet de leur orientation sexuelle ou identité de genre, et plus susceptibles de constater que le climat à l’école est de moins en moins homophobe.

• Les élèves qui fréquentent une école dotée d’une politique anti-homophobie sont nettement plus susceptibles de convenir que la direction de l’école appuie l’AGH.

• Les élèves de la C.-B. et de l’Ontario déclarent plus souvent que ceux des Prairies, des provinces de l’Atlantique et du Nord que leur école est dotée d’une AGH.

 

 

Principales constatations : L’homophobie, la biphobie et la transphobie n’épargnent personne.

 

L’intersectionnalité

Je crois qu’il y a beaucoup de travail à faire pour reconnaître que les personnes LGBTTQ sont issues de diverses cultures et collectivités, et pour détruire les mythes et les croyances afin de permettre aux personnes qui s’identifient à ces collectivités d’être à l’abri des préjugés et de l’oppression.

Comme le point sur un graphique où les lignes se croisent s’appelle « intersection », la convergence de catégories d’identification comme l’âge, la classe sociale, l’éducation, l’origine ethnique, l’identité et l’expression du genre, l’origine géographique, les aptitudes physiques et mentales, la race, la religion, l’orientation sexuelle ou d’autres facteurs, et l’impossibilité de les séparer les unes des autres s’appelle « intersectionnalité ». Nombre de personnes subissent de la discrimination fondée sur plus d’une catégorie : par exemple, une lesbienne racialisée peut subir de l’hétérosexisme, de l’homophobie, de la lesbophobie, de la misogynie, du racisme et de la transphobie ou d’autres formes de discrimination comme l’âgisme et les préjugés fondés sur la capacité ou la classe sociale, selon la façon dont elle s’identifie et est perçue. En outre, chaque aspect de l’identité peut influer sur d’autres aspects. Ainsi, il se peut qu’une lesbienne racialisée soit exposée à des formes différentes de sexisme et d’homophobie que celles d’une lesbienne non racialisée.

L’enquête révèle qu’il y a peu de variation régionale ou ethnique quant aux niveaux de harcèlement physique lié au genre ou à l’orientation sexuelle, mais les jeunes de race blanche, LGBTQ et non LGBTQ, sont nettement moins susceptibles de subir du harcèlement ou de la violence physique à cause de leur origine ethnique: 8 %, contre 13 % des jeunes Autochtones et 15 % des jeunes de couleur. Par conséquent, il importe de souligner l’effet combiné, ou double, sur les jeunes Autochtones et de couleur – non seulement ces derniers subissent du harcèlement ou de la violence physique au regard du genre ou de l’orientation sexuelle, mais ils sont nettement plus susceptibles de subir du harcèlement ou de la violence physique à cause de leur origine ethnique.

 

Jeunes de couleur

S’il est déjà difficile d’être LGBT au secondaire, la situation est particulièrement pénible pour les jeunes LGBT membres d’une minorité visible. Ces jeunes ont beaucoup de difficulté à trouver des images et de l’information positives.

• Les jeunes de couleur, LGBTQ et non LGBTQ, sont nettement moins susceptibles de connaître des élèves LGBTQ sortis du placard (67 % contre 81 % des jeunes de race blanche et 87 % des jeunes Autochtones, LGBTQ et non LGBTQ combinés) ou de connaître des enseignants ou des membres du personnel solidaires des élèves LGBTQ (48 % n’en connaissaient aucun, contre 38 % des jeunes Autochtones et 31 % des jeunes de race blanche, LGBTQ et non LGBTQ combinés).

• Presque le cinquième (18 %) des élèves de couleur ayant connu des programmes d’études ouverts aux LGBTQ déclarent que les discussions en classe au sujet des relations des personnes LGBTQ étaient négatives (contre 14 % des jeunes de race blanche et 11 % des jeunes Autochtones). Ils sont aussi moins susceptibles de considérer que la présentation en classe des réalités LGBTQ était très positive (17 % contre 26 % des jeunes de race blanche et 31 % des jeunes Autochtones).

• Les jeunes de couleur, LGBTQ et non LGBTQ, déclarent les niveaux les plus faibles de facilité avec laquelle ils peuvent aborder les réalités LGBTQ avec qui que ce soit, y compris les entraîneurs, les enseignants, les camarades de classe, leurs parents, voire un ami intime.

Ce niveau élevé d’isolement des jeunes de couleur au sujet des réalités LGBTQ suggère qu’il faut trouver des moyens d’atteindre ces jeunes qui tiennent compte de la culture et des tabous de leurs collectivités entourant les réalités LGBTQ.

 

Jeunes Autochtones

L’enquête livre peu de résultats statistiquement significatifs au sujet des expériences des jeunes Autochtones LGBTQ dans les écoles canadiennes. Dans certains cas, les jeunes Autochtones rendent compte d’expériences semblables à celles des jeunes de race blanche, comme la facilité avec laquelle ils peuvent aborder les réalités LGBTQ avec les membres de la communauté scolaire. Dans d’autres cas, ils déclarent des expériences semblables à celles des jeunes de couleur – par exemple, au regard des taux déclarés de harcèlement physique fondé sur la race ou l’origine ethnique. D’autres travaux devront être réalisés pour mieux comprendre et satisfaire les besoins des jeunes Autochtones du Canada.

 

Jeunes ayant des parents LGBTQ

Non seulement les jeunes ne veulent pas entendre parler de leurs proches dans des termes cruels, mais les jeunes dont des membres de leur famille sont LGBTQ évitent d’en parler pour se protéger contre le harcèlement. Comme l’écrit un élève, « je ne dévoile rien au sujet des membres de ma famille parce que les gens sont tellement stupides qu’ils croient que si on connaît quelqu’un qui est LGBTQ, ça signifie qu’on l’est aussi ».

• Les jeunes ayant des parents LGBTQ sont trois fois plus susceptibles que les autres de s’absenter parce qu’ils ne se sentent pas en sécurité à l’école (40 % contre 13 %) ou en s’y rendant (32 % contre 10 %). Ces résultats sont très importants non seulement parce qu’ils révèlent le degré de peur de ces jeunes, mais aussi à cause de l’effet potentiel de l’absentéisme sur leur rendement scolaire.

• Les jeunes ayant des parents LGBTQ sont plus susceptibles d’être conscients des commentaires homophobes et transphobes des enseignants : le cinquième des jeunes ayant des parents LGBTQ indiquent que les enseignants font parfois ou souvent des commentaires homophobes, contre seulement 7 % des autres élèves, et le quart des jeunes ayant des parents LGBTQ, que les enseignants font parfois ou souvent des commentaires transphobes, contre 10 % des autres élèves.

• Les élèves ayant des parents LGBTQ sont plus susceptibles d’être profondément troublés par les commentaires homophobes (23 % contre 11 % des autres élèves) ou très troublés (29 % contre 19 %).

 

Jeunes LGBTQ

Un élève sur sept ayant répondu au sondage dans sa totalité lors des séances à l’école se reconnaît LGBTQ (14 %), ce qui concorde avec les pourcentages des élèves qui déclarent ne pas être exclusivement hétérosexuels dans une enquête à grande échelle réalisée auprès de jeunes de la Colombie-Britannique (Saewyc et McCreary Society, 2007).

En outre, les jeunes attirés par des personnes du même sexe se reconnaissent souvent hétérosexuels dans l’enquête, même s’ils ont eu des rapports sexuels avec un partenaire de même sexe. Les participants à l’enquête sous-déclarent souvent leur appartenance à une minorité sexuelle pour des raisons de confidentialité, même dans des études anonymes. Cela suggère que certaines déclarations selon lesquelles les membres de minorités sexuelles ne représentent que 2-3 % de la population sous-estiment considérablement les chiffres. Notre recherche suggère que chaque classe de chaque école canadienne compte plusieurs élèves issus de minorités sexuelles, sans mentionner les élèves ayant des parents LGBTQ. Bien entendu, nombre de ces élèves ne révèlent pas l’orientation sexuelle ou identité de genre des membres de leur famille avant d’avoir quitté l’école.

 

Jeunes trans

Bien que le nombre d’élèves se reconnaissant trans soit comparativement faible, ceux-ci constituent des cibles de harcèlement très visibles. Si ces élèves déclarent parfois des niveaux élevés de harcèlement au motif de l’orientation sexuelle perçue, c’est qu’ils sont présumés lesbiennes, gais ou bisexuels, alors que ce n’est pas le cas. Leur sentiment accru d’absence de sécurité à l’école est vraisemblablement attribuable aux normes strictes du « maintien de l’ordre entre les sexes » (masculinité pour les hommes et féminité pour les femmes), de sorte qu’ils deviennent des cibles visibles de discrimination et de harcèlement.

• 90 % des jeunes trans entendent des commentaires transphobes de la part d’autres élèves, et près du quart (23 %), de la part d’enseignants, sur une base quotidienne ou hebdomadaire. Près des trois quarts (74 %) des élèves trans déclarent subir du harcèlement verbal en raison de leur expression du genre.

• Le quart des élèves trans déclarent avoir subi du harcèlement physique (25 %) ou avoir eu des biens volés ou endommagés (24 %) parce qu’ils sont LGBTQ. Ils sont beaucoup plus susceptibles que les élèves membres d’une minorité sexuelle ou non LGBTQ d’avoir subi du harcèlement ou de la violence physique à cause de leur expression de genre (37 % contre 21 % des élèves membres de minorités sexuelles et 10 % des élèves non LGBTQ).

• Si l’on tient compte de tous les motifs liés au genre qui font que les élèves ne se sentent pas en sécurité, y compris l’origine ethnique et la religion, plus des trois quarts (78 %) des élèves trans indiquent ne pas se sentir en sécurité à l’école, d’une façon ou une autre. Quarante-quatre pour cent des élèves trans indiquent être enclins à s’absenter de l’école parce qu’ils ne s’y sentent pas en sécurité, et 15 % déclarent s’être absentés plus de dix jours pour cette raison.

 

Jeunes bisexuels

La comparaison des réponses des jeunes bisexuelles et bisexuels avec celles des jeunes lesbiennes et homosexuels révèle que souvent, le genre semble un facteur plus déterminant que l’orientation sexuelle chez les jeunes femmes membres de minorité sexuelles. Cela ne semble pas être le cas des jeunes hommes membres de minorités sexuelles.

 

Harcèlement physique à cause du fait d’être LGBTQ

• 26 % des jeunes bisexuelles 25 % des jeunes lesbiennes

• 12 % des jeunes bisexuels 23 % des jeunes homosexuels

Rumeurs ou mensonges au sujet du fait d’être LGBTQ

• 56 % des jeunes bisexuelles 52 % des jeunes lesbiennes

• 37 % des jeunes bisexuels  47 % des jeunes homosexuels

Absentéisme à cause du sentiment d’insécurité

• 29 % des jeunes bisexuelles 25 % des jeunes lesbiennes

• 19 % des jeunes bisexuels 28 % des jeunes homosexuels

Au moins un lieu peu sécuritaire à l’école

• 71 % des jeunes bisexuelles 72 % des jeunes lesbiennes

• 64 % des jeunes bisexuels 74 % des jeunes homosexuels

Sentiment d’insécurité à l’école à cause de l’orientation sexuelle réelle ou perçue

• 63 % des jeunes bisexuelles 67 % des jeunes lesbiennes

• 39 % des jeunes bisexuels 51 % des jeunes homosexuels

Sentiment d’insécurité à l’école

• 75 % des jeunes bisexuelles 73 % des jeunes lesbiennes

• 51 % des jeunes bisexuels  62 % des jeunes homosexuels

 

Ces résultats sont intéressants à bien des égards. D’abord, la compréhension populaire de l’intimidation en milieu scolaire pourrait porter à croire que les hétérosexuels sont plus susceptibles d’être les auteurs de harcèlement homophobe et que leurs cibles seraient des homosexuels, qu’ils ont l’occasion d’intimider dans des lieux séparés en fonction du sexe sans surveillance comme les vestiaires et les toilettes. En second lieu, on entend parfois que les lesbiennes ont la vie moins difficile que les homosexuels, que la société tolère généralement mieux les lesbiennes que les homosexuels, et que le fait d’être lesbienne ou bisexuelle est très à la mode. Les constatations réfutent ces conceptions populaires sur les jeunes femmes et les femmes membres de minorités sexuelles.

Les jeunes membres de minorités sexuelles, bisexuels et homosexuels, semblent toutefois avoir en commun un niveau supérieur de contacts sociaux. Ces deux groupes sont en effet plus susceptibles de connaître des jeunes LGBTQ sortis du placard et des membres du personnel scolaire solidaires.

Ne connaît personne à l’école qui soit sorti du placard

• 21 % des jeunes bisexuelles 31 % des jeunes lesbiennes

• 13 % des jeunes bisexuels 15 % des jeunes homosexuels

Ne connaît aucun membre du personnel solidaire des LGBTQ

• 36 % des jeunes bisexuelles 28 % des jeunes lesbiennes

• 22 % des jeunes bisexuels  26 % des jeunes homosexuels

 

Jeunes hétérosexuels

• Une des constatations les plus frappantes de notre étude est que 58 % des jeunes non LGBTQ trouvent offensants les commentaires homophobes. Cela suggère qu’il y a une grande solidarité potentielle pour l’éducation ouverte aux LGBTQ parmi les élèves hétérosexuels.

• Un élève hétérosexuel sur dix déclare subir du harcèlement verbal à cause de son orientation sexuelle perçue, et un sur quatre, de son expression de genre

• Presque 10 % des jeunes non LGBTQ déclarent subir du harcèlement ou de la violence physique en raison de leur orientation sexuelle ou identité du genre, et plus de 10 %, à cause de leur expression de genre.

• En général, chaque école est susceptible de compter autant d’élèves hétérosexuels que LGBTQ qui ont subi du harcèlement à cause de leur orientation sexuelle ou expression du genre.

 

 

Conclusions et recommandations

L’étude fournit une confirmation statistique de ce que les élèves LGBTQ, les jeunes perçus comme LGBTQ, les jeunes dont les parents sont LGBTQ et leurs alliés, de même que les enseignants et les administrateurs qui travaillent à l’éducation anti-homophobie, anti-biphobie et anti-transphobie, et à l’intersectionnalité savent depuis un bon moment au sujet de la vie dans les écoles canadiennes.

La situation se présente comme suit dans nombre d’écoles :

• Les élèves GBTQ sont exposés chaque jour à un langage qui insulte leur dignité, et les jeunes dont des membres de leur famille sont LGBTQ entendent constamment des commentaires qui dénigrent leurs proches.

• Les élèves LGBTQ et ceux qui ont des parents LGBTQ subissent nettement plus de harcèlement verbal, physique, sexuel et autres formes de discrimination et de violence que les autres élèves.

• La plupart des élèves LGBTQ et de ceux qui ont des parents LGBTQ ne se sentent pas en sécurité à l’école.

• La situation est pire à tous les égards pour les élèves de sexe féminin appartenant à des minorités sexuelles et pour les jeunes qui ont des parents LGBTQ, et pire encore pour les élèves trans.

• Nombre d’élèves, surtout les élèves de couleur, ne connaissent personne avec qui aborder les réalités LGBTQ.

• Nombre d’écoles ont élaboré des programmes d’éducation aux droits de la personne qui prônent le respect et la dignité de toutes les identités protégées en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés, à l’exception des personnes LGBTQ.

•Des enseignants ferment souvent les yeux lorsqu’ils entendent des commentaires homophobes et transphobes, et certains vont même jusqu’à faire eux-mêmes ce genre de commentaires.

Le titre original de notre enquête ne nommait que l’homophobie, mais nos constatations démontrent que le climat scolaire est tout aussi hostile, voire pire, pour les élèves bisexuels et trans. L’étude montre également que moins les élèves sont affectés directement par l’homophobie, la biphobie et la transphobie, moins ils en sont conscients. Ce résultat a des incidences sur le monde des adultes : en effet, nombre d’éducateurs et d’administrateurs sous-estiment l’étendue de l’homophobie, de la biphobie et de la transphobie dans leurs cultures scolaires ainsi que les dommages causés aux jeunes qu’ils prennent en charge. L’étude révèle que plus les participants sont marginalisés, plus leur expérience du climat scolaire est pénible. À la lumière des constatations, il faudra que les éducateurs redoublent d’effort pour inclure les jeunes lesbiennes, les bisexuelles, les élèves trans, les élèves dont les parents sont membres d’une minorité sexuelle ou de genre ainsi que les jeunes de couleur issus de minorités sexuelles. À cette fin, les politiques et les programmes d’études et autres devront refléter la compréhension de la façon dont le climat scolaire dans lequel évoluent les jeunes issus de minorités sexuelles ou de genre est influencé par les systèmes entrecroisés de pouvoir social comme la racialisation et la pauvreté qui sévissent dans les écoles. Les politiques et les programmes d’études relatifs aux écoles sécuritaires ouvertes aux LGBTQ ne suffiront pas. Par exemple, nous n’avons trouvé aucun milieu où la totalité des élèves déclarent ne jamais entendre de commentaires homophobes ou transphobes ou qu’ils peuvent tous aborder tous les enseignants. Cependant, les résultats de l’étude indiquent que même si le problème des climats scolaires hostiles aux élèves membres de minorités sexuelles ou de genre est très répandu, il n’est peut-être pas aussi grave qu’on pourrait le penser. Dans les écoles où des efforts ont été déployés pour mettre en œuvre des politiques ouvertes aux LGBTQ, créer une AGH ou certains programmes ouverts aux LGBTQ, le climat est nettement plus positif pour les élèves appartenant à des minorités sexuelles ou de genre.

À la lumière de l’analyse présentée dans le rapport, nous faisons les recommandations suivantes.

 

Élaboration  des politiques

1. Que les ministères de l’Éducation provinciaux obligent l’inclusion de mesures anti-homophobie, anti-biphobie, anti-transphobie et sur l’intersectionnalité dans les politiques et les programmes relatifs aux écoles sécuritaires, et la définition d’étapes pour leur mise en œuvre efficace afin d’appuyer et de motiver le personnel des écoles et des districts, et obligent les divisions scolaires à fournir des données vérifiables sur une véritable mise en œuvre.

2. Que les divisons scolaires élaborent des politiques anti-homophobie, anti-biphobie, anti-transphobie et sur l’intersectionnalité pour fournir aux écoles une autorité et un leadership organisationnels.

3. Que les écoles mettent en œuvre des politiques anti-homophobie, anti-biphobie, anti-transphobie et sur l’intersectionnalité, et qu’elles en informent les élèves, les parents, les directions d’école et tous les membres du personnel scolaire, dans le cadre de leur engagement à faire des écoles des lieux sécuritaires, respectueux et accueillants pour tous les membres des communautés scolaires.

4. Que des efforts soient déployés pour l’élaboration d’ateliers de perfectionnement professionnel à l’intention de tous les employés des divisions scolaires sur l’intersectionnalité et sur les effets du langage homophobe, biphobe et transphobe et la façon de le combattre en classe, dans les corridors et tous les autres lieux de l’école, y compris  les activités et le transport scolaires.

 

Élaboration des programmes d’études

5. Que les ministères de l’Éducation et les divisions scolaires exigent l’inclusion de représentations respectueuses de personnes LGBTQ dans les cours et définissent des principes directeurs et des ressources dans le but d’intégrer l’enseignement ouvert aux personnes LGBTQ, y compris l’intersectionnalité, dans tous les programmes, ainsi que des données vérifiables sur une véritable mise en œuvre.

6. Que les divisions scolaires fournissent des possibilités de perfectionnement professionnel pour aider les écoles à mettre en œuvre des programmes d’études ouverts aux personnes LGBTQ et incluant l’intersectionnalité.

7. Que les écoles intègrent des programmes d’études ouverts aux personnes LGBTQ dans des cours désignés comme la vie familiale et les études sociales, et fournissent aux enseignants les ressources nécessaires pour intégrer les réalités LGBTQ et l’intersectionnalité dans les matières qu’ils enseignent.

 

Préparation des enseignants

8. Que les facultés d’Éducation intègrent à leurs programmes de baccalauréat l’enseignement des réalités LGBTQ et de l’intersectionnalité dans les cours obligatoires, pour permettre aux futurs enseignants d’acquérir les compétences nécessaires avant d’entrer en classe.

 

 Alliances gaies-hétéros

9. Que les écoles appuient fermement les efforts des élèves destinés à mettre sur pied des AGH ou des clubs étudiants similaires ouverts aux réalités LGBTQ, et que dans les écoles où les élèves manifestent leur intérêt à cet égard, la direction demande à des enseignants de collaborer avec les élèves à la mise sur pied de tels clubs. Il est imprudent de tenir pour acquis que les élèves LGBTQ et ceux qui ont des parents LGBTQ préféreront faire leurs études en étant isolés de leurs pairs et de leurs enseignants.

 

Groupes vulnérables

10. Qu’une attention particulière soit accordée au soutien de la sécurité et du bien-être des lesbiennes, des jeunes bisexuelles et des jeunes trans dans toutes les recommandations précédentes ainsi qu’aux besoins des jeunes qui ont des parents LGBTQ et des jeunes de couleur membres de minorités sexuelles et de genre.

 

Consultation appropriée

11. Que des personnes et des organismes ayant une expertise reconnue en matière d’intersectionnalité et d’éducation ouverte aux réalités LGBTQ soient consultés au sujet de tous les points ci-dessus. Des éducateurs de toutes les régions du Canada possèdent ce genre d’expertise.

 

Il est fort peu probable qu’il y ait une classe dans quelque école canadienne que ce soit, publique ou privée, religieuse ou laïque, où l’on ne trouve pas d’élèves LGBTQ. Le harcèlement, les insultes et les commentaires selon lesquels leurs identités ont leur place dans le bureau du conseiller en orientation, mais pas en classe, ne réussiront pas à transformer les élèves LGBTQ en hétérosexuels qui se conforment aux normes en matière de genre; au contraire, cela les rendra malheureux. Dans la première enquête nationale sur l’homophobie, la biphobie et la transphobie dans écoles canadiennes, les élèves nous disent qu’ils veulent que les adultes dans leur vie fassent leur part. Nombre de participants, LGBTQ et non LGBTQ, expriment leur profonde déception à l’endroit des membres du personnel scolaire qui ferment les yeux lorsqu’ils entendent du langage irrespectueux. Les résultats fournissent suffisamment de raisons aux éducateurs et aux administrateurs partout au pays de relever le défi et d’accueillir leurs élèves LGBTQ et ceux dont les parents sont LGBTQ dans des écoles inclusives du 21e siècle qui s’opposent explicitement et sérieusement à la discrimination au motif de l’identité ou expression de genre et de l’orientation sexuelle, et soutiennent véritablement des milieux sécuritaires et respectueux pour tous les membres de leurs communautés scolaires.

 

 

 

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